On trouve les premiers indices de présence humaine sur le
sol bulgare dès le paléolithique moyen. Entre le XIIe
et le Ier s. av. n.e. le territoire de l’actuelle Bulgarie est peuplé
par les tribus thraces, mentionnés par Homère. Rome
organise ces territoires en provinces de Mésie et de Thrace
(Ier siècle apr. J.-C.). C’est dans ces terres que se trouve
la montagne des Rhodopes, habitée par le célèbre
musicien légendaire Orphée (traduit de la langue thrace
son nom signifie "lumière divine"). Suivant la
mythologie grecque, ce fils ou élève d'Apollon, ou
du roi de Thrace Oeagre, et de la muse Calliope, aurait été
dévoué à Dionyssos dont le culte était
très développé en Thrace. La harpe d'Orphée,
qui a initié les cultes mystiques orphiques, enchantait la
nature. La légende dit que non seulement les créatures
vivantes, mais aussi les arbres et les pierres écoutaients
tous émerveillés ses chants. Dans les Rhodopes les
archéologues ont trouvé des vestiges de nombreux temples
et tombeaux thraces.
Au VIIe s. les Proto-Bulgares (tribus d’Asie Centrale)
s’installent sur le territoire de l’actuelle Bulgarie. En l’an 681
le Khan Asparuh signe un traité de paix avec Byzance, unifie
les tribus slaves et proto-bulgares et fonde le premier Etat Bulgare.
Sous le règne du Khan Tervel (700-718), la Bulgarie élargit
son territoire et devient une grande puissance européenne.
Un siècle plus tard, sous le règne du Khan Kroum (803-814)
la Bulgarie confine à l’ouest avec l’Empire de Charlemagne
/ou Charles Ier le Grand/.
Dès le IX s. la Bulgarie s’identifie à
l’œuvre des frères Cyrille et Méthode, créateurs
de l’alphabet slave, grâce auquel le Tsar Boris Ier (852-889)
convertit la Bulgarie au christianisme en l’an 865. La nouvelle
religion officielle de l’Etat met fin au paganisme, élimine
les divergences ethniques et religieuses entre les Proto-Bulgares
et les Slaves et associe l’Etat bulgare au monde européen
chrétien. C’est à partir de cette année que
commence la mission évangélisatrice des élèves
de Cyrille et Méthode dans d’autres pays slaves. Ce même
alphabet, dit « cyrillique » est aujourd’hui utilisé,
hormis la Bulgarie, en Russie, en Ukraine et en Macédoine.
La période dudit «Age d’Or » bulgare se caractérise
par un essor remarquable de la culture et de la littérature.
La période du IXe au XIVe s. se caractérise
par de nombreux conflits opposant la Bulgarie à l’Empire
Byzantin. Affaibli, morcelé et déchiré par
les hostilités entre les grands féodaux, en 1396 le
pays est envahi et asservi par les troupes ottomanes.
Pendant près de cinq siècles, le
peuple bulgare vit sous la domination de l’Empire ottoman et la
tutelle religieuse du patriarcat grec. L'esprit de résistance
reste pourtant vivace, comme en témoigne le folklore célèbrant
les exploits des haïdouks («insurgés»).
Il faut toutefois attendre le XIXe siècle pour voir s'exprimer
le Réveil national avec la création d'écoles,
dès 1835, et la lutte pour une Église bulgare autonome,
restaurée en 1870. Le poète français Alphonse
de Lamartine, qui effectue un voyage en Orient /1832 – 1833/ et
s’arrete notamment en Bulgarie, décrit les Bulgares comme
suit: “Ces hommes sont simples, doux, laborieux, et pleins de respects
pour leurs prêtres qui sont de simples paysans comme eux.
Les Bulgares forment une population de plusieurs millions d’hommes
qui s’accroit sans cesse. Les femmes sont jolies, vives, gracieuses.
Les mœurs m’ont paru pures quioque les femmes cessent d’être
voilées comme en Turquie. Les Bulgares sont complètement
murs pour l’indépendance”.
Des patriotes bulgares (Georgi Rakovski, Vassil
Levski et le poète Hristo Botev) tentent d'organiser le mouvement
pour l'indépendance. L'insurrection de 1876 échoue
et sa répression sanglante (30 000 victimes) suscite de vives
protestations internationales (dont celle de Victor Hugo). Le grand
poète français Victor Hugo écrit:
“On assassine un peuple. Le moment est venu d’élever
la voix. C’est à l’heure qu’il est, tout près de nous,
sous nos yeux, on massacre, on pille, on extermine, on égorge.
Quand finira le martyre de cette héroïque petite nation?”
A l’issue de la guerre russo-turque /1877-1878/,
la signature du Traité de paix de San-Stéfano /le
3 mars 1878/ permet la création d’une Bulgarie autonome.
Cette date est aujourd’hui jour de Fête Nationale de la République
de Bulgarie.
En juin-juillet 1877, au Congrès de Berlin,
la Bulgarie est divisée en trois parties. Elle ne garde qu’un
seul territoire autonome et indépendant – la Principauté
de Bulgarie, dirigée par Alexandre Battenberg dès
1879. Une autre partie est restituée à l’Empire Ottoman
et la dite Province de Roumélie Orientale est dotée
d’une autonomie limitée.
Suite à un mouvement populaire, le 6 septembre
1885, le Nord et le Sud sont réunifiés. En 1886 le
Prince Alexandre Battenberg abdique. L’Assemblée Nationale
bulgare choisit alors à sa place Ferdinand de Saxe Cobourg-Gotha.
Le 22 septembre 1908, celui-ci proclame l’Indépendance de
la Bulgarie.
A l'issue des guerres balkaniques (1912-1913)
et de la Première Guerre mondiale, la Bulgarie, qui accueille
plus de 250 000 réfugiés, se voit obligée à
céder la Macédoine et la Dobroudja, en perdant aussi
tout accès à la mer Égée (traité
de Neuilly, 1919).
Durant la Seconde Guerre mondiale la Bulgarie
adhère au Pacte tripartite, aux côtés de l'Allemagne
depuis 1941 jusqu’à 1944. Néanmoins, le Parlement,
l’Eglise bulgare, avec le soutien de l’opinion publique font échouer
les plans des Allemands de déporter des dizaines de milliers
de Juifs bulgares vers les camps de concentration nazis.
En septembre 1944, les troupes de l’URSS entrent
en Bulgarie. Le 9 septembre 1944, le Front de la patrie forme un
nouveau gouvernement. En 1946 un référendum met fin
à la Monarchie et instaure la République populaire.
En 1949 elle se rallie au CAEM /Conseil d’assistance économique
mutuelle/, en 1955 - au Pacte de Varsovie. La Bulgarie reste membre
de ces deux organisations jusqu'à leur dissolution.
L’année 1989 marque les débuts de
profonds chagements démocratiques en Bulgarie dans le sens
de l’établissement d’un Etat de droit, d’un régime
pluripartite et d’une économie de marché.
La Bulgarie adhère à l’OTAN en avril
2004 et à l’Union europeenne le 1er janvier 2007.
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