On trouve les premiers indices de présence humaine sur le
sol bulgare dès le paléolithique moyen. Les trésors
d’or de la nécropole de Varna sont le témoignage de
l’existence d’une civilisation (3000 ans av. J.-C.) qui par son
raffinement s’apparentait à celle des Minoens. Ces trésors
sont exposés au Musée historique de Varna. Entre le
XIIe et le Ier s. av. J.-C. La Bulgarie est peuplée par les
thraces, mentionnées par Hérodote comme le peuple
le plus nombreux en Europe et par Homère dans l’Iliade pour
avoir combattu aux côtés des Troyens. Aujourd’hui de
nombreux vestiges de temples et de tumulus attestent de la richesse
de la culture thrace. L’empereur Octave Auguste établit de
manière durable la frontière de Rome le long du Danube
et organise l’administration de ces territoires en provinces romaines
- Moésie et Thrace (Ier siècle apr. J.-C.). C’est
sur ces terres que se trouve la montagne des Rhodopes, habitée
par le musicien mythique Orphée (traduit de la langue thrace
son nom signifie "lumière divine"). Selon la mythologie
hellénique, ce fils du roi thrace Oeagre et de la muse Calliope,
aurait été consacré à Dionysos dont
le culte était vénéré en Thrace. C’est
probablement à Perpérikon, dans un des temples thraces
que Alexandre Le Grand aurait reçu la prophétie de
l’ascension fulgurante de sa destinée.
Au VII-eme s. les Proto-Bulgares (tribus d’Asie
Centrale apparentées aux Huns) s’installent sur le territoire
européen de Byzance. En 681 suite à la défaite
militaire de l’Empire, le Khan Asparuh impose un traité de
paix à Byzance, unifie les tribus slaves, les populations
thraces locales avec les proto-bulgares et fonde le Premier Royaume
Bulgare. Au début du VIII s. sous le règne du Khan
Tervel (connu à l’Ouest comme Tribellius) la Bulgarie élargit
son territoire et devient un royaume puissant, qui réussit
à freiner l’invasion arabe. Un siècle plus tard, sous
le règne du Khan Kroum (803-814) la Bulgarie confine à
l’Ouest avec l’Empire de Charlemagne.
Dès le IX s. la Bulgarie qui s’étend
sur la Thrace et la Macédoine accueille la mission et l’œuvre
des frères Cyrille et Méthode, créateurs de
l’alphabet slave, par lequel le Tsar Boris Ier (852-889) convertit
la Bulgarie au christianisme en l’an 865. La nouvelle religion officielle
de l’Etat élimine les divergences ethniques et religieuses
entre les Proto-Bulgares et les Slaves en associant l’Etat bulgare
au monde européen chrétien. Commence la mission évangélisatrice
des disciples de Cyrille et Méthode dans d’autres pays slaves.
Le cyrillique devient le premier alphabet conçu afin d’assurer
l’accès d’une nation nouvellement convertie aux Saintes écritures.
Il est aujourd’hui utilisé, non seulement en Bulgarie, mais
aussi en Russie, en Ukraine et en Serbie. La période de «l’Age
d’Or » se caractérise par un essor remarquable de la
culture et de la littérature qui reste néanmoins sous
l’emprise directe de la culture byzantine.
La période du IXe au XIVe s. se caractérise
par de nombreux conflits opposant l’Empire Bulgare à l’Empire
Byzantin. Après la défaite en 1014 à Kliutch
du tsar Samuel par l’empereur Basile II Vulgarochtonos («
Tueur de bulgares ») le pays perd temporairement son statut
d’empire. A l’apogée de sa force l’Empire Bulgare sous le
Tsar Kaloyan et à l’époque du Pape Inoccent III entame
une reconversion au catholicisme, qui est pourtant compromise suite
à l’invasion de la Bulgarie par les croisés de la
Quatrième croisade. Lors de la bataille d’Andrianople les
forces de la croisade sont défaites et l’empereur latin Baudouin
IX de Flandres finit ses jours dans les geôles du palais de
Kaloyan. Le siècle suivant le pays faiblit. Morcelé
et déchiré par les hostilités entre les grands
féodaux, en 1396 il est envahi et asservi par les troupes
ottomanes.
Pendant près de cinq siècles, la
nation bulgare vit sous la domination de l’Empire ottoman et la
tutelle religieuse du patriarcat grec de Constantinople. L'esprit
de résistance reste pourtant vivace, comme en témoigne
le folklore célèbrant les exploits des haïdouks
(«insurgés»). La culture et la littérature
bulgare trouvent asile dans les nombreux monastères médiévaux
qui continuent à parsemer le pays aujourd’hui. Il faut toutefois
attendre le XIXe siècle pour voir s'exprimer le Réveil
national avec la création d'écoles de type européen
dès 1835, et la lutte pour une Église bulgare autonome,
qui sera restaurée en 1870. Le poète français
Alphonse de Lamartine, qui effectue un voyage en Bulgarie /1832
– 1833/ décrit les Bulgares comme suit: “Ces hommes sont
simples, doux, laborieux, et pleins de respects pour leurs prêtres
qui sont de simples paysans comme eux. Les Bulgares forment une
population de plusieurs millions d’hommes qui s’accroît sans
cesse. Les femmes sont jolies, vives, gracieuses. Les mœurs m’ont
paru pures quoique les femmes cessent d’être voilées
comme en Turquie. Les Bulgares sont complètement mûrs
pour l’indépendance”.
Des patriotes bulgares (Gueorgi Rakovski, Vassil
Levski et le poète Hristo Botev) organisent le mouvement
pour l'Indépendance. La Grande insurrection d’Avril échoue
en 1876 et sa répression sanglante (30 000 victimes) suscite
de vives protestations internationales. Le Premier ministre britannique
William Gladston fait de la Crise Bulgare son cheval de bataille
contre les tenants de la politique pro-turque de Londres. Le grand
poète français Victor Hugo écrit à ce
sujet:
“On assassine un peuple. Le moment est venu d’élever
la voix. C’est à l’heure qu’il est, tout près de nous,
sous nos yeux, on massacre, on pille, on extermine, on égorge.
Quand finira le martyre de cette héroïque petite nation?”
A l’issue de la Guerre russo-turque /1877-1878/,
la signature du Traité de paix de San-Stéfano /le
3 mars 1878/ permet la restauration du Royaume Bulgare. Cette date
est aujourd’hui la Fête Nationale de la Bulgarie.
En juin-juillet 1877, au Congrès de Berlin,
la Bulgarie est divisée en trois parties. Elle ne garde qu’un
seul territoire autonome et indépendant – la Principauté
de Bulgarie, dirigée par Alexandre Battenberg dès
1879. La Macédoine peuplée de bulgares est restituée
à l’Empire Ottoman et la dite Province de Roumélie
Orientale (la Thrace) est dotée d’une autonomie limitée.
L’Insurrection d’Ilinden de 1903 en Macédoine est réprimée
dans le sang par les ottomans.
Suite à une révolution populaire,
le 6 septembre 1885, le Nord et le Sud sont réunifiés.
En 1886 le Prince Alexandre Battenberg abdique. L’Assemblée
Nationale bulgare désigne alors à sa place Ferdinand
de Saxe Cobourg-Gotha. A l'issue des guerres balkaniques (1912-1913)
et de la Première Guerre mondiale, la Bulgarie, qui accueille
plus de 250 000 réfugiés, se voit obligée à
céder la Macédoine et la Dobroudja, en perdant aussi
tout accès à la mer Égée (traité
de Neuilly, 1919). La perte du débouché bulgare sur
la Méditerranée prive les milieux francophiles de
leurs liens économiques avec Marseille et oriente définitivement
les échanges commerciaux le long du Danube vers l’Allemagne.
Durant la Seconde Guerre mondiale la Bulgarie
adhère au Pacte tripartite, aux côtés de l'Allemagne.
Néanmoins, le Parlement et l’Eglise orthodoxe bulgare font
échouer les plans des nazis de déporter des dizaines
de milliers de Juifs bulgares vers les camps de concentration.
Le 5 septembre 1944 l’URSS déclare unilatéralement
la guerre à la Bulgarie et envahit le pays. Le 9 septembre
1944, le Front de la patrie forme un nouveau gouvernement très
rapidement mis sous contrôle par les communistes bulgares.
Entretemps la Macédoine de Vardar est retrocedée à
la Yougoslavie sous le régime répressif de Tito. En
1946 un référendum d’une légitimité
précaire met fin à la Monarchie bulgare et instaure
la République populaire. En 1955 elle se rallie au Pacte
de Varsovie. De nombreux patriotes bulgares quittent le pays qui
subira plus de quatre décennies de dictature communiste.
L’année 1989 marque les débuts de
profonds changements démocratiques en Bulgarie dans le sens
de l’établissement d’un Etat de droit, d’un régime
pluripartite et d’une économie de marché.
La Bulgarie adhère à l’OTAN en avril
2004 et à l’Union européenne le 1er janvier 2007.
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